[Question écrite] Le déficit structurel du Grand Théâtre de Genève relève-t-il d’une baisse des subventions ou d’un problème structurel de gestion et de gouvernance?
Question écrite du 11 mars 2026 de Laurence Desarzens, Laurence Corpataux, Cyril Alispach, Alpha Oumar Dramé, Matthias Erhardt, Sophie Desbiolles et Luc Zimmermann.
Texte de la question :
Au cours des douze dernières années, le Grand Théâtre de Genève a présenté un déficit structurel récurrent inscrit dans le budget de l’institution, qui a été dénoncé par d’anciens élus du Conseil municipal en 2019 déjà. Durant cette période, la Ville de Genève a régulièrement été amenée à voter et verser des rallonges budgétaires afin d’assurer l’équilibre financier de l’institution lyrique. De plus, depuis 2025, le Canton verse 600 000 francs supplémentaires dans le cadre de la loi pour la promotion de la culture et de la création artistique (LPCCA).
Par ailleurs, le rapport de la Cour des comptes cantonale publié en 2020 relevait déjà plusieurs dysfonctionnements en matière de gestion et de gouvernance au sein du Grand Théâtre. Lors d’une intervention diffusée sur Léman Bleu le 3 mars 2026, le président du conseil de fondation du Grand Théâtre indiquait que le mécénat permettrait désormais de couvrir ce déficit structurel. Selon différentes informations publiques, ce mécénat représenterait près de 8 millions de francs par an, soit un niveau de ressources désormais supérieur à certaines recettes propres, notamment la billetterie.
Dans ce contexte, plusieurs interrogations se posent quant à la pérennité et à la
gestion structurelle de l’institution:
− quelles mesures structurelles concrètes ont été mises en œuvre au cours des douze dernières années pour résorber le déficit structurel du Grand Théâtre, indépendamment des apports supplémentaires de subventions publiques ou de mécénat privé?
− Quel est aujourd’hui le coût réel consolidé du Grand Théâtre pour les finances publiques, en incluant l’ensemble des contributions directes et indirectes de la Ville (subvention directe, personnel municipal affecté au théâtre, gratuités et mises à disposition de locaux, participation aux productions, etc.), ainsi que les contributions des autres collectivités publiques?
− Quelle est la structure actuelle des charges de fonctionnement du Grand Théâtre, en particulier: le coût annuel de la direction et de la gouvernance (direction générale et membres du conseil de fondation), le budget consacré à la communication et au marketing, ainsi que le coût moyen des productions figurant dans la programmation annuelle?
− Quel est le taux moyen de remplissage des salles et l’évolution des recettes de billetterie au cours des dix dernières saisons, et pour quelles raisons ces recettes représentent-elles aujourd’hui une part relativement limitée des ressources propres de l’institution, parfois inférieure aux montants issus du mécénat?
− Enfin, comment le Conseil administratif évalue-t-il la pérennité du modèle financier actuel, qui repose en partie sur un mécénat privé important – estimé à environ 8 millions de francs par an – alors que ce type de financement demeure par nature incertain et dépend fortement d’un nombre limité de mécènes? Ces éléments sont d’autant plus importants que plus de 150 millions de francs
d’investissements publics ont été engagés dans les infrastructures du Grand Théâtre au cours des trente dernières années, tandis que de nouvelles dépenses importantes sont encore prévues.
Dans ce contexte, le Conseil administratif peut-il indiquer quelles garanties existent
aujourd’hui quant à la soutenabilité financière et à la gouvernance du Grand Théâtre de Genève à moyen et long termes, afin d’éviter que les difficultés structurelles de l’institution ne reposent durablement sur les finances publiques?
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