Avec ses premières votations, l’année 2014 rencontrera sa première échéance politique importante. En effet, dans trois semaines, les Genevoises et les Genevois seront appelé-e-s à se prononcer sur des objets déterminants, notamment sur le plan des valeurs.

Sur le plan fédéral, le choix est de savoir si l’on veut une société plus ouverte ou plus rétrograde: le maintien du remboursement de l’avortement par l’assurance de base est indispensable pour laisser aux femmes la possibilité de prendre une décision éclairée sans contrainte pécuniaire ; le financement et l’aménagement de l’infrastructure ferroviaire (FAIF) est lui un pas vers une fiscalité plus écologique ; enfin, l’initiative de l’UDC sur l’immigration de masse offre le choix de couper ou non la Suisse de son environnement économique et culturel.

En Ville de Genève, il est bon de rappeler que la vente de Naxoo est une opportunité d’entrée financière non négligeable pour des services publics plus prioritaires que celui de la réception télévisée. Sur le plan cantonal enfin, l’adoption de densités minimales permettrait de mieux utiliser les terrains à bâtir tout en préservant la qualité des espaces publics, naturels et agricoles.

Mais, c’est bien évidemment la votation cantonale sur le taux d’encadrement des structures d’accueil de la petite enfance qui préoccupe le plus mon Département. J’ai déjà abondamment expliqué les tenants et les aboutissants de cette modification de loi dont le référendum a réuni le quadruple des signatures nécessaires (voir les HebdomaVerts des 16 mai et 23 juin 2013 et le Bulletin Vert n°35 de cet hiver).

Rappelons simplement que si cette modification était acceptée, le taux d’encadrement baisserait à un niveau des plus bas en Suisse et en Europe (10 enfants par adulte au lieu de 8 pour les enfants de 2 à 3 ans ; 13 au lieu de 10 pour les 3 à 4 ans). Que voulons-nous ? Des structures d’accueil de la petite enfance de qualité ou des crèches au rabais au détriment du développement des enfants ?

Je suis heureuse que le nouveau Conseil d’État et, en particulier, la cheffe du Département de l’Instruction publique (DIP), Anne Emery-Torracinta, ait reconduit une position contre ce projet de modification de loi. Cela est de bon augure pour l’application du contre-projet à l’IN 143 «Pour une véritable politique d’accueil de la Petite enfance» de juin 2012, notamment la participation de l’État au financement de l’exploitation des structures d’accueil.

Ce qu’il faut retenir sur cet objet, c’est qu’en faisant des économies sur le personnel, les députés qui ont voté le projet ne résolvent en rien le problème de pénurie de places de crèche. En revanche, la modification de loi diminuerait de manière significative la qualité de l’environnement social et pédagogique des enfants. Ces derniers méritent-t-ils une telle décision ? Je compte sur vous pour une campagne engagée !

Amicalement Verte,

Esther Adler

Conseillère administrative Ville de Genève