Depuis le 1erjuin 2012, j’ai pris la présidence de la Délégation Genève Ville Solidaire, après celle de Sandrine Salerno et avant celle de Remy Pagani.

La Délégation Genève Ville Solidaire oriente la politique municipale en matière de coopération internationale et soutient des projets très concrets dans les régions qui en ont le plus besoin.

Lorsque la Ville de Genève a signé les Engagements d’Aalborg en 2010 pour une ville durable, elle s’est donné 13 objectifs prioritaires : le dernier concerne la Coopération internationale. L’objectif est d’augmenter progressivement les budgets, de 0.56% en 2012 à pour atteindre le 0.7% en 2018.

Mais il s’agissait également de professionnaliser l’analyse des dossiers et d’augmenter la transparence. A ce titre, l’année 2012 connaîtra une véritable mutation.

Nous avons tout d’abord clarifié, en adoptant un nouveau Règlement d’application, nos priorités et nos axes d’action, ainsi que les conditions d’accès aux subventionnements. Nous avons ensuite mis en place d’une Commission consultative composée de 7 expert-e-s en développement (j’en profite pour féliciter Marguerite Contat, constituante Vert et présidente de Swissaid, pour sa nomination dans cette commission). Nommée tous les 4 ans par le Conseil administratif, cette Commission apportera son expertise technique à la Délégation et l’épaulera dans l’utilisation du Fonds. Enfin, nous avons renforcé l’équipe pour que les dossiers soient préparés et gérés de manière professionnelle.

Le budget total voté par le Conseil municipal pour 2012 est d’environ 3,7 millions : 1,5 million pour des projets développés par des ONG genevoises, 1,9 million en tant que subvention annuelle à la Fédération genevoise de coopération (FGC) et 250’000.- Frs au titre de l’aide d’urgence. En total ce sont plus de 120 ONG à qui nous octroyons des fonds.

Durant mon année de présidence, je veux renforcer les projets de coopération décentralisée qui permettent de mettre l’expérience des services de l’administration municipale à profit de la coopération internationale. Les partenariats sur une certaine durée entre deux administrations sont parfois plus efficaces que des fonds distribués à des projets de développement.

Pour l’instant, la Ville répond oui ou non aux projets qui lui sont soumis. J’aimerais également proposer une discussion avec ONG de coopération et – notamment avec la FGC – pour voir s’il n’y a pas des domaines « délaissés » dans lesquels nous pourrions être davantage proactifs, et lancer des appels d’offres ; je pense par exemple aux enfants en situation de précarité, aux luttes contre les violences, aux questions liées à la préservation des environnements immédiats (accès à l’eau douce, évacuation des eaux usées, reforestation, etc.), mais aussi au renforcement de capacité d’organisation collective dans les villages ou les bidonvilles, ou encore la protection et l’assistance des défenseurs de l’environnement qui sont menacés par les grands propriétaires terriens ou par entreprises locales ou multinationales peu scrupuleuses.

Je sais que de nombreuses vertes et de nombreux verts sont engagés ici dans des projets de coopération ou de solidarité sur d’autres continents ; je sais aussi que ce que nous défendons en tant que Verts en matière de coopération et de développement est parfois bien différents de ce qui a été mis en œuvre ces quarante dernières années au nom du développement : des projets visant la durabilité (dont le bilan carbone est connu et assumé), des projets décentralisés, des projets basés sur la partenariat et non pas sur l’assistance.

Alors, saisissez-vous de cet outil de solidarité et incitez celles et ceux qui sont engagés dans les domaines de la coopération, de l’humanitaire ou de la défense des droits humains, à envoyer à la Délégation leurs projets. Mobilisons-nous ensemble pour rendre la coopération encore mieux ciblées et plus efficace.

Je vous remercie.