[Motion] Pour des mesures claires de protection des travailleuses et travailleurs en extérieur en temps de canicule
Motion du 15 septembre 2026 de Laurence Corpataux, Louise Kasser Geneccand, Simon Gaberell, Didier Bonny, Valentin Dujoux, Laurence Desarzens, Matthias Erhardt, Leyma Wisard Prado, Alpha Dramé, Sara De Maio, Hanumsha Querkini, Omar Azzabi, Sophie Desbiolles, Cyril Alispach
Considérant,
- Les canicules vécues cet été ;
- que ces épisodes sont appelés à s’aggraver et à se prolonger à l’avenir ;
- que les personnes travaillant en extérieur sont particulièrement exposées aux conséquences des chaleurs extrêmes sur la santé ;
- que selon la SUVA, le risque d’accident de travail augmente de 7% dès 30°C ;
- que cet été, l’OCIRT a dû ordonner l’arrêt du travail en extérieur l’après-midi face à la canicule, une mesure saluée mais malheureusement non reconduite systématiquement lors des autres pics de chaleur ;
- que l’arrêt du travail dû aux conditions météorologiques risque de peser concrètement sur les salarié-es, l’Union des associations patronales genevoises ayant annoncé que les heures manquées pourraient être rattrapées ultérieurement ;
- que les syndicats, notamment le SIT et Unia, ont constaté l’absence de critère formel et objectif pour décider du déclenchement ou du maintien des arrêts de travail et des pauses, le non-respect fréquent des mesures de protection sur les chantiers ainsi que des difficultés pour les contrôles ;
- que les syndicats réclament l’arrêt des travaux pénibles et non ombragés dès 33°C, sauf si un espace frais aménagé pour des pauses régulières est mis à disposition, une mesure simple, non sujette à interprétation et facilement contrôlable ;
- que les syndicats demandent l’adaptation du dispositif d’indemnités en cas d’intempéries et la suppression des pénalités de retard lorsque celui-ci est dû aux fortes chaleurs, une position soutenue par la Société suisse des entrepreneurs qui invite les maîtres d’ouvrage à intégrer les jours de canicule dans les appels d’offres, les délais et les contrats ;
- qu’un sondage indique que 81% des Suisses, indépendamment de leurs préférences partisanes, soutiendraient des mesures de suspension du travail en extérieur dès 33°C ;
- que la Ville mène et mènera d’importants travaux en extérieur pour aménager la ville face au dérèglement climatique et pour protéger et entretenir son patrimoine ;
- que la Ville est responsable de la protection de la santé et de la sécurité de ses salarié-es ;
- que la Ville doit être exemplaire dans la gestion de ses marchés publics et pour la protection de ses prestataires ;
le Conseil municipal invite le Conseil administratif
- A édicter des règles claires, non sujettes à interprétation et aisément vérifiables, imposant l’arrêt des travaux pénibles en extérieur dès 33°C lorsqu’aucun lieu de pause rafraîchi n’est aménagé, que ce soit pour les salarié-es de la Ville ou des entreprises mandatées ;
- à s’assurer que ces pertes de travail ne seront pas répercutées unilatéralement sur les travailleur-euses, notamment en étudiant la possibilité de créer un fonds intempéries ;
- à supprimer les pénalités de retard dues aux épisodes de canicule avérée ;
- à mentionner les mesures de protections attendues dans ses appels d’offres.