Philippe de Rougemont

Conseiller municipal en Ville de Genève

Faisons l’exercice d’entendre le terme « économie » au premier degré, au ras des pâquerettes, comme au rez-de-chaussée du PAV. Dans ce cas on entendrait par « économie » non pas un système tel qu’il est en place à Genève, fait surtout d’activité bancaire, de négoce et d’immobilier, mais plutôt de l’usage parcimonieux et respectueux des ressources naturelles. Etre économe s’entend alors comme laisser une empreinte légère sur la Terre.

Concrètement, cela signifie prendre le chemin de sortie de la société d’importation-consommation-déchet. 

Le 20e siècle a été fasciné par la production d’objets fétiches et de machines en masse, importés d’Asie. Il nous en coûte littéralement la Terre. Désormais si nous voulons donner sens au 21e siècle, il s’agit notamment de faire avec ce qui a déjà été fabriqué et importé, construit et bâti. Apprendre à faire ce que l’on a, voilà une bonne façon de s’envisager actifs après la société de consommation. L’économie de la récupération, du soin, l’entretien, la remise en circulation pour faire durer les choses, voilà une perspective pour l’économie. Cette économie-là, on la voit à l’œuvre au quartier des Vergers à Meyrin, à la Manufacture collaborative (Maco) à Chatelaine et au projet du quartier de Grosselin par exemple.

Là, on voit s’installer et grandir des ateliers et des magasins de soin et de remise en circulation d’objets et appareils, habits et outils, on voit aussi les supermarchés paysans participatifs avoir pignon sur rue.

La motion déposée en ville de Genève « Aménager des rez-de-chaussée du PAV pour l’économie de la réparation / entretien / revente et des circuits courts. » vise précisément ce but, mais dans ce nouveau quartier-ville en devenir. La motion demande que la Ville se penche sur les retours d’expérience fraîche des Vergers, sonde les besoins de l’économie du soin et des circuits courts et en déduise un plan de mise en valeur des rez-de-chaussée du PAV pour que cette économie se développe. Sans quoi ce seront les seules forces du marché et du plus fort qui décideront.

Nul-le ne sait si cette économie-là remplacera celle qui domine aujourd’hui. Mais on peut deviner que s’il y a un avenir, il sera fait avec des qualités vertes, la résilience, l’inventivité, la collaboration dans des circuits courts, la réutilisation, la longue durée et la diversité