Communiqué de presse

En date du samedi 18 avril 2020, les forces de l’ordre ont mis fin à une distribution de biens de première nécessité organisée par l’association Caravane de solidarité – Genève. Son matériel a été confisqué, les denrées qu’elle prévoyait de distribuer à des personnes dans le besoin également. Face à l’injustice de cette opération, les Vert.e.s et leurs partenaires demandent au Conseil d’État et au Conseil administratif de la Ville de Genève de revoir leur copie au sujet de ce délit de solidarité.

Avec la crise du COVID-19, les personnes en situation de précarité (sans papiers, réfugié.e.s, mais aussi Suisses et Suissesses) sont de plus en plus nombreuses. Selon l’association, ce sont près de 400 personnes qui se sont réunies samedi à Plainpalais dans l’espoir de recevoir des biens de première nécessité : riz, pâtes, savon, sauce tomate, couches… La distribution s’est déroulée dans le respect des distances sociales grâce à la responsabilisation et les mesures entreprises par les bénéficiaires eux-mêmes.

Malgré la mise en place de ces distributions hebdomadaires depuis le 4 avril dernier, le respect des distances sociales, le port de gants et de masques ainsi que l’utilisation de produits désinfectants, les forces de police, qui semblaient tolérer cette action humanitaire jusque-là, ont mis fin à cette distribution solidaire. Face à l’urgence des personnes dans le besoin, l’association a décidé de reprendre la distribution sur un parking privé à Bernex. La police a alors procédé à une arrestation violente, à la confiscation du matériel et une procédure pénale a été lancée par le Ministère public à l’encontre d’une personne membre de l’association.

Face à cette situation, les Vert.e.s manifestent tout d’abord leur incompréhension. La crise sanitaire actuelle projette un grand nombre de personnes dans une précarité extrême. Si les Vert.e.s saluent les efforts financiers et les décisions prises aux échelons fédéraux, cantonaux et municipaux, certains contours des conséquences économiques, sociales et environnementales de cette crise semblent encore échapper à nos autorités. Sortir de cette pandémie et en affronter les conséquences demandera des élans citoyens de solidarité. Aussi, les initiatives citoyennes et humanitaires comme celles de la Caravane de solidarité doivent être encouragées et encadrées, si nécessaire, mais non pas entravées. Le délit de solidarité est inacceptable, qui plus est dans la Ville où siège le Conseil des droits de l’Homme. Les Vert.e.s demandent instamment au Conseil d’État et au Conseil administratif de la Ville de Genève :

  1. La délivrance d’une autorisation et la reprise immédiate des distributions des produits de première nécessité par l’association Caravane de solidarité Genève et ses partenaires potentiels, avec effet rétroactif au 16 mars 2020. 
  1. La restitution en conséquence du semi-remorque contenant le matériel confisqué essentiel à l’activité de l’association Caravane de solidarité et attendu par des populations en détresse. 
  1. Le renoncement en conséquence de la procédure pénale à l’encontre d’une personne membre de l’Association Caravane de solidarité. 
  1. La mise à disposition de moyens et la facilitation de ces distributions par les autorités cantonales et municipales.

Contacts :

Omar Azzabi, Conseiller municipal Ville de Genève, 076 387 41 86 – omarazzabi25@gmail.com

Bénédicte Amsellem-Ossipow, Co-présidente des Vert.e.s Ville de Genève, 076 616 80 07 – bao@amoslaw.ch

Didier Bonny, Co-président des Vert.e.s Ville de Genève, 076 389 13 34 – bonny@bluewin.ch