Canicule

Nous refusons cette logique. Le changement climatique n’est pas une affaire privée. Son adaptation ne peut devenir une nouvelle dépense imposée aux locataires.

Les canicules se multiplient et deviennent plus longues et plus intenses. Dans les logements mal protégés du soleil, la chaleur devient particulièrement difficile à supporter. Pour les personnes âgées, les enfants ou les personnes fragiles, elle peut devenir dangereuse.

On demande aux locataires de financer l’adaptation de logements mal conçus pour ces températures, tout en augmentant la consommation électrique. Il faut changer de logique. L’adaptation des bâtiments doit relever des propriétaires et des politiques publiques: protections solaires extérieures, ventilation nocturne, végétalisation, toitures végétalisées et prise en compte de la chaleur dans les rénovations.

Sur l’espace public, il faut créer dans chaque quartier des lieux frais, ombragés et gratuits, avec davantage d’arbres, de fontaines et de jeux d’eau. Et nous ne pouvons attendre que les arbres poussent: des solutions temporaires, comme les voiles d’ombrage, peuvent être déployées rapidement.

C’est le sens de la démarche portée par les Vert·e·s genevois·es au Grand Conseil: faire de l’habitabilité estivale un objectif des politiques énergétiques et du logement. Il ne suffit plus de construire ou rénover des bâtiments performants en hiver: ils doivent aussi rester habitables pendant les canicules. Cela suppose notamment un plan thermique pour les écoles et les crèches, pour protéger les enfants dès 2027.

La Ville de Genève ne peut pas attendre que le canton agisse. Elle est elle-même propriétaire d’un important parc immobilier et dispose donc d’un levier majeur. Première étape: identifier les logements qui surchauffent le plus. Il faut agir: protections solaires, ventilation, végétalisation et adaptation des rénovations.

Pour certains immeubles, les mesures passives ne suffiront pas. Pourquoi ne pas étudier leur raccordement au réseau GeniLac ou à d’autres réseaux thermiques permettant un rafraîchissement collectif? Il serait paradoxal de demander aux locataires d’investir individuellement dans des climatiseurs alors que la collectivité dispose d’infrastructures permettant des réponses plus sobres.

La question est politique: voulons-nous que l’adaptation au changement climatique soit une nouvelle charge pour les ménages, ou une responsabilité collective?

Nous avons longtemps considéré qu’un logement sans chauffage n’était pas digne. Il est temps d’admettre qu’un logement qui se transforme chaque été en fournaise ne l’est pas davantage.