Texte de la question : 

La Comédie de Genève bénéficie d’une subvention municipale importante, s’inscrivant dans les objectifs de soutien à la création artistique et au tissu culturel local. Si le cahier des charges de la direction prévoit la programmation d’artistes genevois, romands et internationaux, la part effective de cette subvention consacrée aux productions dites «locales» et à l’emploi de personnel intermittent local (artistes, technicien-ne-s, artisan-e-s, etc.) ne fait à ce jour pas l’objet d’informations chiffrées publiques permettant une évaluation transparente.

Par ailleurs, les critères retenus par l’institution pour définir les notions de «production locale» et de «personnel local» ne sont pas clairement établis ni explicites. Cette situation complique l’appréciation de l’impact réel de la Comédie de Genève sur l’emploi culturel local, dans un contexte où les conditions de travail et de rémunération des professionnel-le-s de la culture font l’objet de préoccupations croissantes.

Dans un souci de transparence et de cohérence avec la politique culturelle menée par la Ville de Genève, il apparaît nécessaire de disposer d’éléments précis à ce sujet.

  • Quelle part du budget de production de la Comédie de Genève est consacrée à des
    productions qualifiées de «locales» et, au sein de celles-ci, quelle proportion concerne le personnel local, en particulier les intermittent-e-s, à l’exclusion du personnel permanent de l’institution (direction et personnel technique fixe)?
  • Quelle est la part respective de personnel permanent et de personnel intermittent
    qualifié de «local» dans le cadre d’une saison de programmation de la Comédie de
    Genève?
  • Quels échanges, formes de dialogue ou engagements ont été établis entre la Comédie de Genève et l’association faîtière genevoise des producteurs et productrices de théâtre indépendant et professionnel concernant le soutien à la production locale et à l’emploi des professionnel-le-s du territoire?
  • Quelles définitions la Comédie de Genève retient-elle pour les notions de «production locale» et de «personnel local»?
  • Ces définitions prennent-elles en compte des critères d’ancrage des compagnies et le lieu de vie durable des professionnel-le-s dans le bassin genevois? Si ce n’est pas le cas, pour quelles raisons?

Réponse du Conseil administratif du 3 juin 2026 : 

1. Dans l’article 3 de la Convention de subventionnement qui lie la Fondation d’art dramatique (FAD) et la Ville de Genève, les objectifs principaux et la mission du théâtre sont définis ainsi: «La Comédie de Genève a pour principales missions de favoriser la création contemporaine régionale, nationale et internationale dans le domaine des arts de la scène et de la faire rayonner, d’accueillir des créations marquantes et de développer des partenariats avec des scènes nationales et internationales. » La Comédie développe également des collaborations avec les institutions de la région; elle favorise l’accès aux œuvres par un important programme d’activités de médiation, des mesures d’inclusion, des réflexions voire des projets sur la durabilité, des collaborations avec le Département de l’instruction publique, de la formation et de la jeunesse (DIP) et une politique tarifaire adaptée.» Dans ce cadre, la Comédie produit des spectacles portés par des artistes de Genève et de Suisse romande, elle coproduit des projets scéniques portés par des compagnies genevoises et romandes et elle achète des spectacles de compagnies genevoises et romandes. A noter que les objectifs principaux sont évalués selon une grille d’indicateurs comprise dans la convention. Le budget monétaire attribué aux productions genevoises varie en fonction des saisons et du nombre de spectacle coproduits. L’indicateur 1.3 de la convention de subventionnement fixe à trois coproductions minimum par saison le nombre de coproductions genevoises ou romandes. Les résultats de ces dernières années dépassent à chaque fois ce minimum.

La part de coproduction apportée en monétaire par la Comédie de Genève aux compagnies genevoises coproduites varie entre 70 000 et 150 000 francs par projet. A cela s’ajoute l’apport en industrie aux projets de compagnies coproduites, comme la construction des décors, la création des costumes, la mise à disposition de salles de travail ou du personnel technique durant l’exploitation et en tournée, notamment. Les productions de la Comédie sont entièrement prises en charge financièrement par l’institution. Enfin, la Comédie entre en coproduction avec une compagnie étrangère uniquement à la condition que cette dernière engage au moins un-e artiste genevois-e ou romand-e dans son projet.

2. Cette donnée ne répond à aucun des indicateurs d’évaluation retenus dans la convention en cours.

3. Plusieurs rencontres et collaborations ont eu lieu entre l’association TIGRE et la Comédie de Genève depuis la création de l’association, en 2020, à ce propos. Cette relation a par exemple pris la forme d’un appel à projets conjoint, en 2021, pour les compagnies membres de TIGRE ou d’une démarche collaborative, qui est en cours actuellement, sur l’enjeu de la masse salariale du personnel intermittent local et régional qui est créée par les activités de la Comédie de Genève.

4. Conformément à l’indicateur 1.3 de la convention de subventionnement, la Comédie retient le terme de production locale pour les projets des compagnies genevoises.

5. Oui bien sûr, les critères d’ancrage et de lieu de vie des compagnies sont pris en compte.