Texte de la question : 

La construction du nouveau quartier de la gare des Eaux-Vives entre dans sa phase finale. Il évolue en un nouveau lieu de vie avec les nombreuses habitations prévues, dont trois immeubles en construction, les activités culturelles de la Comédie de Genève, le pôle de mobilité et de report modal que forment la gare des Eaux-Vives et la voie verte d’agglomération, les activités sportives prévues au futur centre sportif des Eaux-Vives ainsi que les nombreux commerces et restaurants implantés ou en cours d’implantation.

Ce quartier en devenir se retrouve malheureusement enclavé entre plusieurs axes routiers majeurs (route de Frontenex, avenue Pictet-de-Rochemont et avenue de la Gare-des-Eaux-Vives). Les écoles primaires à proximité du quartier (école des Allières, école Pré-Picot, école De-Roches, école des Eaux-Vives, école des Vollandes) se situent toutes à l’extérieur de cette enclave et nécessitent donc que les écoliers et écolières traversent des axes routiers majeurs pour se rendre à l’école.

Le manque de continuité cyclable entre la fin de la voie verte et l’avenue Pictet-de
Rochemont engendre des conflits d’usage entre les mobilités actives, notamment aux abords de la sortie de la gare des Eaux-Vives pour rejoindre le tram. Le manque de continuité cyclable entre la fin de la voie verte et la voie cyclable bidirectionnelle du quai Gustave-Ador met en danger les cyclistes devant traverser la route de Frontenex et nécessite de longer une rangée de places de stationnement sur l’avenue Alice-et-William-Favre pour rejoindre les bords du lac.

Nous vous adressons les questions suivantes:
1. La Ville de Genève va-t-elle mettre en place des patrouilles scolaires pour les enfants vivant dans le quartier et devant traverser ces axes routiers pour se rendre à l’école?
2. Des mesures de pacification du trafic (par exemple 30 km/h, radar indicateur de vitesse, gendarme couché) sont-elles prévues sur les axes cités pour garantir la sécurité des visiteurs et visiteuses, des voyageurs et voyageuses, et des habitants et des habitantes du quartier?
3. Des mesures visant à réduire les nuisances sonores liées au trafic routier, notamment en réduisant la vitesse de circulation et/ou en utilisant un revêtement phonoabsorbant, sont-elles prévues?
4. La Ville de Genève prévoit-elle de créer des voies cyclables sécurisées pour rejoindre l’avenue Pictet-de-Rochemont (dans la continuité de la voie verte d’agglomération)?
5. La Ville de Genève prévoit-elle une continuité cyclable entre la fin de la voie verte et la voie cyclable bidirectionnelle du quai Gustave-Ador?

Réponse du Conseil administratif du 18 mars 2026 : 

Le Conseil administratif répond point par point ci-après. Les questions concernant plusieurs départements, le Conseil précise que le premier point est une compétence du département de la cohésion sociale et de la solidarité (DCSS), et les quatre suivants concernent le département de l’aménagement, des constructions et de la mobilité (DACM).

1. Le DCSS informe que la grande majorité des enfants domiciliés à proximité
de la gare des Eaux-Vives et en particulier le long de l’avenue de la Gare des
Eaux-Vives est scolarisée à l’école des Allières.

Les cheminements conduisant les enfants de leur domicile à leur école sont régulièrement analysés par le Service de l’enfance (SDEN). De même, lorsqu’il reçoit des demandes ou perçoit des situations comme critiques, le SDEN peut demander une analyse complémentaire à la Brigade d’éducation et de prévention (BEP), qui émet un préavis favorable ou défavorable quant à la création d’un emplacement sécurisé par la patrouille scolaire.

Dans le cas présent, en février 2025, pour donner suite à la demande de parents d’élèves, le SDEN a sollicité la BEP pour une analyse de la traversée de cette avenue à la hauteur des Nos 29-31. La BEP n’a pas préavisé cette demande positivement. L’analyse de la BEP souligne qu’il existe trois passages piétons entre les numéros 14 et 28, dont deux sont régulés par une signalisation lumineuse. Le temps d’attente de ce feu étant de moins d’une minute et la visibilité étant bonne, la brigade a estimé que les enfants avaient une solution alternative réelle et sécurisée.

Par ailleurs, lorsque de nouveaux logements seront livrés dans ce périmètre, une nouvelle analyse sera réalisée. De manière générale, la situation est régulièrement étudiée et adaptée en fonction des éventuels changements.

Rappelons enfin que la patrouille n’a pas pour mission de sécuriser l’ensemble du chemin de l’écolier mais uniquement les abords de l’école.

2. Le DACM informe que les axes cités font partie intégrante du réseau routier secondaire. Ainsi, la gestion des modalités relève de l’autorité cantonale. Des études sont en cours concernant l’avenue de la Gare-des-Eaux-Vives afin de proposer diverses mesures de pacification à l’Office cantonal des transports (OCT).

Les propositions visent à introduire une vitesse limitée à 30 km/h, ouvrant ainsi des opportunités de modération plus fortes. La route de Frontenex et le chemin Frank-Thomas vont être réaménagés en 2026-2027 dans le cadre du projet de bus à haut niveau de service (BHNS) de l’axe Frontenex. Les aménagements autorisés permettront d’améliorer les mobilités douces et de sécuriser les traversées piétonnes. Enfin, la rue Berthe Vadier sera aménagée à la fin des travaux de construction des bâtiments et permettra également d’améliorer les mobilités et continuités piétonnes et cycles, d’assurer la continuité de la voie verte en direction de l’avenue Pictet-De-Rochemont et de sécuriser les traversées piétonnes et cycles.

3. Il est en effet prévu des revêtements phono-absorbants à la rue Berthe Vadier, à l’avenue de la Gare-des-Eaux-Vives, à la route de Frontenex et au chemin Frank-Thomas, comme c’est déjà le cas sur le premier tronçon situé entre la route de Chêne et l’avenue Godefroy. La mise en œuvre des revêtements de surface définitifs est coordonnée et prévue à l’issue du chantier de construction des derniers immeubles sur site.

4. Il est bien envisagé de créer des voies cyclables sécurisées pour rejoindre l’avenue Pictet-De-Rochemont. En effet, dans le cadre de l’autorisation de construire octroyée pour l’aménagement du site, deux trajets sont prévus. L’un, via la traversée de la rue Berthe-Vadier, emprunte la promenade Louise Boulaz pour rejoindre l’avenue Pictet-De-Rochemont. Il s’agit d’un aménagement pacifié qui mélange les flux cycles et piétons (continuité de la voie verte). L’autre, plus direct, emprunte des bandes cyclables situées sur l’avenue de la Gare-des-Eaux-Vives pour rejoindre la route de Chêne en amont des arrêts de tram. Des discussions sont également en cours avec l’OCT afin d’améliorer les continuités cycles en provenance et à destination de la voie verte d’agglomération. Sur ce tracé et donc notamment sur le tronçon de la route de Chêne au niveau de l’arrêt de la gare des Eaux-Vives, l’objectif est de supprimer les conflits piétons-cycles existants entre la sortie du Léman Express et des quais de trams.

5. Dans la continuité de la question 4, la Ville collabore avec l’OCT afin de continuer le déploiement des axes cyclables identifiés depuis plusieurs années par la task force Modes doux. Certaines de ces continuités sont identifiées dans la feuille de route signée entre le DACM et le DSM fin 2025. Dans le cadre de ce travail commun Ville-Canton et associations de mobilités, des études seront engagées pour identifier et étudier précisément un ou plusieurs tracés pour relier le quai Gustave-Ador à la gare des Eaux-Vives et la fin de la voie verte actuelle au niveau de la rue Berthe-Vadier.

Le Conseil administratif estime ainsi avoir répondu aux interrogations de la
présente question écrite.